Selon les Nations Unies, le 50ème anniversaire de la journée internationale de la terre nourricière célébrée ce 22 Avril 2020 rappelle l’interdépendance qui existe entre l’être humain, les autres espèces vivantes et la planète.

Alors que les regards du monde entier sont tournés vers la recherche de solutions pour éradiquer la crise sanitaire mondiale de la maladie à Coronavirus (Covid19), des chercheurs tirent la sonnette d’alarme sur les risques liés à la relation entre l’homme et son environnement. « Une nouvelle maladie infectieuse émerge chez l’homme tous les 4 mois. 75% de ces maladies émergentes sont zoonotiques », précise un rapport d’ONU Environnement.

Séance de désinfection d’un site de confinement des personnes dépistées positives au Coronavirus au Cameroun. Crédit Photo: Ministère de la Santé publique/ Cameroun

A l’origine de cette situation, les activités humaines qui provoquent « les changements climatiques et les autres perturbations environnementales, notamment celles qui touchent à la biodiversité comme la déforestation, le changement d’affectation des terres, l’agriculture et l’élevage intensifs ou encore le commerce illégal des espèces sauvages », soutient l’Organisation des Nations Unies.

La pandémie de la Covid19 est « la plus grande épreuve que le monde ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale », rappelle le Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres. Mais, elle ne doit pas faire oublier l’autre urgence liée à la crise environnementale. « La biodiversité est en fort déclin. Les dérèglements climatiques sont tels que nous approchons du point de non-retour», déclare Antonio Guterres. Un rappel qui cadre avec le thème de l’édition 2020 de la journée internationale de la terre nourricière relatif à « l’Action Climatique ».

Urgence Climatique

Les émissions de dioxyde de carbone demeurent une préoccupation mondiale. «Nous sommes confrontés à des besoins de réductions d’émissions si importantes qu’il sera bientôt impossible d’atteindre l’objectif de limiter la hausse des températures à 1,5 degrés Celsius », rapporte le rapport d’ONU Environnement sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions.

Plus de 60% des forêts du Bassin du Congo se trouvent en RDC

Alors, « d’ici à la fin de 2020, les émissions mondiales de CO2 devront avoir diminué de 7,6 % et continuer à diminuer de 7,6 % chaque année pour que nous puissions maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 1.5 degrés Celsius », indique l’agence Onusienne. Dans cette perspective, les forêts représentent un des principaux leviers non seulement pour la lutte contre le changement climatique mais aussi pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable. « Les forêts couvrent 30% de la surface terrestre » et sont d’importants puits de carbone. Elles absorbent environ 2 milliards de tonnes de dioxyde de carbone par an, selon les Nations Unies.

Pourtant en Amérique Latine, en Asie comme en Afrique, des forêts sont détruites au profit de l’agriculture. « La déforestation est principalement causée par la conversion d’habitats au profit de l’agriculture à grande échelle. Augmenter la production agricole sans remplacer les forêts naturelles constitue un enjeu majeur », affirme Antonio Guterres.

Pour l’année 2018, 94% des pertes du couvert forestier en Afrique sont dues à l’agriculture de subsistance, note Global Forest Watch. C’est le cas par exemple au Cameroun où de 2001 à 20181,5% de la perte de couvert forestier a eu lieu dans des régions où les principaux facteurs de perte ont entraîné la déforestation.

A côté de l’agriculture de subsistance, la menace de l’agriculture à grande échelle plane sur les forêts du deuxième poumon de la planète, le Bassin du Congo. Earthsight estime que « les plantations industrielles constituent une menace pour les forêts du Bassin du Congo ». Au Gabon, au Cameroun comme en République Démocratique du Congo, de vastes étendues de forêts sont rasées au profit des plantations agro-industrielles.

Gestion durable

Les pertes dues à la déforestation, la dégradation des terres et l’épuisement du capital naturel sont immenses. « On estime à 6,3 billions de dollars la perte annuelle de services écosystémiques. Cette valeur représente environ 10% de l’économie mondiale », rappelait Robert Nasi rappelait le Directeur Général du Centre pour la Recherche Forestière Internationale (CIFOR) à l’occasion de la journée mondiale des forêts 2020. Pour sauver la terre nourricière, la gestion durable des forêts et des ressources naturelles représente une priorité.

Mais, les financements font défaut. « Les estimations indiquent que les gouvernements dépensent chaque année 1,8 trillion de dollars en dépenses militaires et plus de 5 trillions de dollars en subvention pour les combustibles fossiles, mais seulement environ 50 milliars de dollars pour la restauration des paysage », déplore Robert Nasi.

Centrale solaire du village de Ngang au Cameroun

Il faut augmenter le financement des emplois verts pour une transition propre et écologique. « Les fonds publics doivent être investis dans l’avenir, et non dans le passé, et être affectés à des secteurs et à des projets durables qui contribuent à la protection de l’environnement et du climat. Les subventions aux combustibles doivent cesser, et les pollueurs doivent commencer à payer pour la pollution dont ils sont responsables », propose le Secrétaire des Nations Unies.

 

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