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Les scientifiques congolais sont formels: « Les changements climatiques affectent exclusivement les tendances pluviométriques et les températures »,  augmentant la vulnérabilité et la précarité des populations rurales en RDC totalement tributaires de l’agriculture pluviale ainsi que leurs conditions de vie.

Culture des légumes sur le Plateau des Batéké à Kinshasa

Culture des légumes sur le Plateau des Batéké à Kinshasa

La faiblesse des capacités techniques et le manque des ressources des structures agricoles à la riposte à la rareté des pluies constituent un véritable obstacle à la sécurité alimentaire et au développement social des populations pauvres, et particulièrement des communautés rurales de la RDC.

Les populations rurales déjà pauvres s’appauvrissent davantage, dès lors que les changements climatiques s’y mêlent. Aujourd’hui les pluies sont de plus en plus rares. Quand elles arrivent, elles sont d’une intensité inouïe qui entraine beaucoup de dégâts au secteur agricole, comme c’est le cas actuellement dans la ville province de Kinshasa en est une illustration, à la suite de pluies diluviennes qui se sont intensément abattus dans la première quinzaine du mois de décembre courant.

La période de sécheresse, quant à elle, signale un expert au ministère de l’Environnement et du développement durable, s’intercale à celle des pluies à tel enseigne qu’il est devenu hasardeux de s’adonner à une activité agricole. « A titre d’illustration, les essais sur certaines variétés climatiquement résilientes du manioc, du riz et du mais entrepris sur le terrain  dans le cadre du Projet de renforcement des capacités d’adaptation et de gestion des impacts des changements climatiques sur la production agricole et la sécurité alimentaire en RDC  (PANA-ASA) dans certaines provinces comme à Kinshasa, n’ont pas été concluants », ajoute-t-il.

Le Professeur Jean Ndembo Longo, Coordonnateur national du projet PANA-ASA, a, quant à lui, rappelé que la problématique de la rareté des pluies sur le rendement agricole a déjà été prise en compte. De juin 2010 à décembre 2013, avec l’appui du Programmes des Nations Unies pour le Développement (PNUD),  un financement du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) pour la mise en œuvre du projet a été rendu disponible en vue de contribuer à l’exécution du Programme d’action national pour l’adaptation du pays aux changements climatiques.

Présentement, ledit projet a fait place à deux autres liés au renforcement de la résilience et de la capacité d’adaptation des femmes et des enfants aux changements climatiques (PANA-AFE) financé à plus de 5 millions de dollars américains, ainsi que celui des communautés de Moanda face à l’érosion côtière (PANA-Zone côtière) en RDC. Concrètement, les deux projets visent à aider particulièrement les femmes, les enfants et les communautés riveraines de la côte atlantique à s’adapter aux chocs climatiques et à adopter des pratiques de subsistance résilientes.

A l’issue du projet PANA-AFE, pour ne citer que cet exemple, 1 200 ménages et producteurs vulnérables, soit à peu près 7 200 personnes, hommes et femmes maitriseront ces pratiques de résilience et pourront mieux gérés les risques qui y sont liés dont la pénurie alimentaire. Les zones d’intervention concernées sont Ngimbi (Kongo central), Kiyaka (Bandundu), Ngandajika (Kasai Oriental) et Kipoko (Katanga) où seront capitalisés et renforcés les acquis  de l’ancien Projet PANA- ASA.

« Ces trois initiatives, ainsi matérialisées, témoigne Espérance Nzuzi, membre du Cadre de concertation pour la réforme foncière en RDC, viennent pallier dans le pays aux incertitudes croissantes que les changements climatiques suscitent, combinés à la faible capacité à gérer les risques climatiques et à l’insuffisance des mécanismes d’adaptation disponibles. »

Pour le PNUD, les projets PANA-AFE, PANA- ASA et PANA-Zone côtière montrent que la bataille contre la pauvreté et la lutte contre les changements climatiques sont des combats interdépendants, soulignant qu’ils doivent se renforcer mutuellement et que les  efforts de tous doivent sans attendre porter sur les trois fronts simultanément. Considérés comme des preuves des études scientifiques menées auparavant dans tous les sites d’exécution, ces projets constituent le point de mire de la communication nationale pour lutter contre les changements climatiques (CPDN), soumise par  la RDC à la COP 21,  en vue de l’adoption d’un accord juste et contraignant sur le climat.

Entre la rareté des pluies et ses conséquences néfastes observées en RDC dans le dernier trimestre de l’année 2015, les effets du changement climatique sont plus que réels et cela se démontre sur le rendement agricole. Les agriculteurs se plaignent et les populations risquent d’être sans ressources pour leur survie si rien n’est fait.

L’idéal pour les congolais est de voir les décideurs  développer les politiques, les stratégies et le plan d’actions sur les changements climatiques de la RDC pour fédérer les efforts de développement durable à travers tous les secteurs productifs de la vie nationale, a souhaité Rosalie Biuma, présidente d’une ONG pour la promotion de la culture du riz basée à Kinshasa.

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