Beaucoup de pays africains ont connu une croissance économique phénoménale ces dernières années. Mais les développements récents sur les marchés mondiaux, y compris la baisse des prix des produits de base tels que le pétrole, le cuivre et le cobalt, ont soulevé des questions quant à la durabilité de la croissance économique de l’Afrique.

L’instabilité du marché mondial a réduit la confiance des investisseurs, et a soulevé des questions sur l’état de santé du marché mondial. Il existe un sentiment d’incertitude et de craintes d’une crise financière mondiale, en particulier, en raison d’un ralentissement de l’économie chinoise.

Primary forest loss, which is principally the result of selective logging, was highest in Brazil, followed by Papua New Guinea (549,200 ha/yr), Gabon (306,000 ha/yr), Bolivia (200,000 ha/yr), Peru (146,800), Democratic Republic of the Congo (140,200), and Guyana (120,000 ha/yr), among tropical countries over the past five years. Photo by Intu Boedhihartono, IUCNL’impact de la baisse des prix des matières premières, en particulier, des minéraux, se fait sentir dans de nombreux pays à travers le monde, y compris la République Démocratique du Congo (RDC). La RDC a été frappée par la baisse des prix de cuivre. Glencore, la multinationale anglo-suisse spécialisée en négociation des matières premières et l’exploitation minière dont le siège est situé à Baar en Suisse, envisage de fermer certaines de ses opérations dans la province du Katanga.

L’économie de la RDC repose sur l’agriculture, les ressources minérales, l’industrie manufacturière et les services. Au cours de la dernière décennie, la contribution du secteur agricole au PIB du pays a baissé, tandis que les industries liées aux produits de base ont augmenté. Le secteur minier représente un quart du PIB du pays.

L’année dernière, l’économie a connu une croissance de près de 9%, grâce aux industries extractives et manufacturières, l’agriculture, le commerce et la construction, ainsi qu’une forte demande en exportation des matières premières. Le maintien de cette croissance est maintenant menacé par la chute spectaculaire des prix des produits de base.

En outre, il existe certaines craintes d’instabilité politique accrue parce qu’on suspecte Joseph Kabila de tenter de rester au pouvoir au-delà de son second et dernier mandat de cinq ans.

Selon le FMI, la RDC:

… Reste un pays fragile avec une fragilité très élevée.

Une économie mondiale ébranlée avec un impact local

la fermeture des mines dans la province du Katanga aurait un impact dévastateur, avec des conséquences sociales et économiques graves.

Dans cette province, des milliers de travailleurs et leurs familles dépendent de l’industrie minière. Les fermetures de mines entraineraient une importante perte d’emplois. La société emploie environ 5000 personnes au Katanga sans compter les sous-traitants.

De nouvelles villes et collectivités ont été créées et se sont maintenues grâce l’exploitation minière. Les petites entreprises ont été créées et de nouvelles formes de produits commerciaux lancées par les personnes vivant dans les zones entourant les mines.

L’impact des sociétés minières qui réduisent leurs activités pourrait paralyser l’économie de la RDC qui est fortement tributaire des exportations de minéraux. Jusqu’à 87,2% de l’économie est orientée vers l’exportation.

Selon l’OCDE, les exportations de la RDC valaient 7,03 milliards de dollars américains en 2013, ce qui en fait le plus grand exportateur (103ème) dans le monde. Le cuivre raffiné représentait un tiers de toutes les exportations, suivi par le minerai de cuivre (19%), le cuivre brut (7,5%), le cobalt (8,8%), le minerai de cobalt (6,9%) et le pétrole brut de 12%.

Le pays est donc extrêmement vulnérable face aux prix des matières premières, ou aux baisses de la demande des minéraux. La question à laquelle il faut répondre est celle de savoir : qu’est-ce qui doit être fait pour éviter cette vulnérabilité économique et sociale permanente?

La diversification, c’est la clé

Beaucoup de pays africains, dont la RDC, ont pendant des années optimisé et concentré leurs activités économiques, au moins au niveau macro, dans un seul secteur.

Ce manque de diversité économique et la concentration extrême sur un secteur n’a jamais bénéficié au continent, et ne sera jamais bénéfique pour la RDC. La diversification est la clé, non seulement pour le PIB, mais aussi pour le développement économique local, les petites entreprises et l’entrepreneuriat.

En plus de cela, l’économie de la RDC repose largement sur l’investissement étranger direct (IED), principalement les investissements financiers, au détriment de l’investissement de capitaux locaux. Le pays ne devrait pas dépendre presque exclusivement des IED pour faire fonctionner son économie. Par contre, les entreprises locales aussi bien nationales devraient être autorisées à investir dans des secteurs stratégiques tels que l’élevage, l’agriculture, le transport ainsi que l’exploitation minière.

Le gouvernement pourrait également mettre en place d’autres politiques dans le secteur. Telles que :

La RDC devrait encourager et stimuler l’investissement local et soutenir la création d’entreprises. Bon nombre de défis économiques et financiers que la RDC a connus depuis de nombreuses années sont liés à sa dépendance économique. Il est impératif que le gouvernement crée un environnement convivial pour les citoyens pour les pousser à investir dans leurs communautés et obtenir tout le soutien nécessaire pour établir et développer leurs entreprises dans un espace économique sûre.

Le pays doit accélérer l’intégration économique locale en développant le potentiel du marché informel. Une grande partie de petits métiers sont menés par des femmes et des jeunes dans le secteur informel. Ces personnes constituent une classe d’entrepreneurs informels qui, si elle est soutenue financièrement et avec les compétences et la logistique nécessaires, seraient en mesure de faire croître l’économie et de créer un grand nombre d’emplois.

Renforcer les activités économiques interprovinciales et l’intégration centrée sur l’activité économique et le commerce à petite échelle.

Le rôle et la place des femmes dans le développement économique local doivent être considérés et promus.

Il est important de mentionner que de nombreux efforts doivent être déployés pour assurer la viabilité, la croissance et le développement de la RDC. La stabilité politique et la paix sont également essentielles à la croissance et le développement économique durable.

YVAN YENDA ILUNGA, Rutgers University

Déclaration:

Yvan Yenda Ilunga ne travaille, n’est consultant, ne détient des actions ou ne reçoit un financement d’une quelconque entreprise ou organisation qui bénéficierait de cet article, et n’a pas révélé d’affiliations pertinentes au-delà de la liberté académique ci-dessus.

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