Maïs: les agriculteurs de Mbandjock s’adaptent aux changements climatiques

Pluies tardives, trous de sécheresse, chenilles dévastatrices, semences inappropriées, sont des menaces réelles qui affectent la production du maïs au Cameroun et dans plusieurs autres pays. Des agriculteurs du bassin de production de Mbandjock ont trouvé des alternatives pour bien produire cette céréale malgré le dérèglement climatique. A cause du raccourcissement des saisons de pluie […]

Pluies tardives, trous de sécheresse, chenilles dévastatrices, semences inappropriées, sont des menaces réelles qui affectent la production du maïs au Cameroun et dans plusieurs autres pays. Des agriculteurs du bassin de production de Mbandjock ont trouvé des alternatives pour bien produire cette céréale malgré le dérèglement climatique.

A cause du raccourcissement des saisons de pluie lié aux changements climatiques, les producteurs avertis optent pour des variétés de maïs à cycle végétatif court qui vont de 80 à 100 jours. Parmi les variétés les plus demandées, il y a la CMS-9015 de couleur blanche qui met environ 95 jours en champ ; la CMS-8806 de couleur jaune qui a aussi une durée de 95 jours, la TZEE-W de couleur blanche qui met 85 jours ; la variété Pannar qui produit après environ 90 jours.

Les agriculteurs de Mbandjock ont trouvé des alternatives pour bien produire le maïs malgré le dérèglement climatique.

Les agriculteurs de Mbandjock ont trouvé des alternatives pour bien produire le maïs malgré le dérèglement climatique.

En terme de résistance au stress hydrique et aux parasites, la Pannar sort largement du lot. « La Pannar est une variété hybride qui nous vient d’Afrique du Sud. Elle a des rendements de plus de 8 tonnes à l’hectare mais sa semence coûte plus cher et les conditions de culture sont plus exigeantes. Elle a aussi un très bon taux de germination, ce qui nous évite d’avoir beaucoup de manquants à remplacer », affirme Mani Prospère, producteur de maïsic de Mbandjock à une centaine de kilomètres au Nord de Yaoundé.

L’autre écueil auquel font face les producteurs de maïs à cause des changements climatiques, c’est les trous de sécheresse c’est-à-dire l’arrêt brutal des pluies pendant 8 à 10 jours. « Cela engendre non seulement des retards de croissance qui ont des répercussions sur la production au bout de la chaîne, mais des conséquences en terme d’attaques d’insectes » explique Ndioro à Mbassa, expert semencier basé à Bafia.

Le buttage de tiges de maïs pour faire face aux trous de sécheresse

L’installation d’un système d’irrigation est la solution la plus appropriée contre les trous de sécheresse. Très peu d’agriculteurs en disposent dans leurs parcelles, mais une pratique culturale utilisée leur permet d’atténuer les effets des trous de sécheresse. « Par anticipation, nous procédons très tôt au buttage du maïs, en augmentant de la terre sur les tiges. Cela permet au sol de conserver un peu plus longtemps de l’eau, qui est indispensable à la croissance de la plante » déclare Mani Prospère.

Une pratique culturale utilisée leur permet d’atténuer les effets des trous de sécheresse.

Une pratique culturale utilisée leur permet d’atténuer les effets des trous de sécheresse.

Pour solutionner le manque d’eau, une nouvelle technique est en phase d’expérimentation par quelques agriculteurs, c’est l’utilisation de la pluie solide. La pluie solide est une substance découverte en 2015 au Mexique. Elle ressemble à de minuscules billes blanches. Ces billes ont la capacité d’absorber de l’eau jusqu’à 500 fois leur poids et les relâcher à la plante au fur-et-mesure qu’elle en a besoin. « Nous avons utilisé la pluie solide sur une petite parcelle, et nous avons obtenu une très bonne production. Nous sommes partants pour l’utiliser à grande échelle mais nous sommes limités par son coût qui n’est pas encore très accessible. Les bénéfices dans la culture du maïs ne sont pas très importants à cause des nombreuses charges » justifie Abada Alain, qui produit le maïs à Batschenga près de Mbandjock.

Le semis direct pour gagner en temps et bien conserver les sols

Face à la réduction des pluies, certaines grandes coopératives ont opté pour le semis direct avec un semoir moderne. C’est une technique qui vient du Brésil et qui consiste à semer le maïs sans labourer le sol. Elle nécessite la disponibilité d’un tracteur, et d’un semoir de marque Semeato. Des possibilités de location de ce type de semoir existent dans la zone Mbandjock. « C’est un type de semoir qui est muni d’un dispositif qui simultanément ouvre le sol, sème la graine, la recouvre et enfouit l’engrais. Ceci nous permet de prendre une avance de 3 à 4 semaines de travaux et de semer rapidement de grandes superficies dès le retour des pluies. Le semis direct peut aussi permettre de rattraper l’arrivée tardive des pluies » explique Tapondjou Tamatio qui est chef d’exploitation d’une grande organisation paysanne.

Au-delà des avantages économiques, le semis direct a aussi des atouts sur le plan environnemental. D’après Ndioro à Mbassa : « cette technique permet d’assurer une bonne conservation des sols car à force de les labourer, ceux-ci se dégradent sous l’effet de l’érosion. Elle permet aussi au sol de bien garder l’humidité et améliore sa structure » démontre t-il.

Semences de mais

Semences de mais

Des chenilles, dites légionnaires, qui ont causé des ravages dans des nombreux pays africains n’ont pas épargné ces producteurs de Mbandjock. Surtout ceux qui utilisaient un outillage rudimentaire. « Ce n’est pas facile de gérer une invasion de chenilles avec des pulvérisateurs. Il faut avoir au moins des atomiseurs pour pouvoir faire efficacement à ces insectes. C’est un ravageur qui résiste aux produits chimiques. Nous en sommes venus à bout en utilisant  des insecticides Onex 30, Caïman B 50 et surtout Doyen 62 EC qui est un insecticide binaire à large spectre dont la matière active est l’emamectine. Mais il faut les épandre au plus tard 2 semaines avant les récoltes » explique Tapondjou Tamatio.

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