Le savoir autochtone, un vivier pour l’environnement

[NAIROBI] Selon les experts, les espèces exotiques envahissantes ne devraient pas être utilisées pour restaurer des paysages dégradés, car ils sont trop onéreux pour les avantages qu’ils procurent. Selon la Convention sur la diversité biologique, les espèces exotiques envahissantes sont des plantes, des animaux et d’autres organismes qui ne sont pas indigènes à un écosystème […]

[NAIROBI] Selon les experts, les espèces exotiques envahissantes ne devraient pas être utilisées pour restaurer des paysages dégradés, car ils sont trop onéreux pour les avantages qu’ils procurent.

Selon la Convention sur la diversité biologique, les espèces exotiques envahissantes sont des plantes, des animaux et d’autres organismes qui ne sont pas indigènes à un écosystème et peuvent nuire à la santé humaine et à l’environnement, y compris en provoquant le déclin ou l’élimination des espèces indigènes.

Les experts, qui se sont exprimés en marge du Forum mondial sur les paysages, qui s’est tenu au Kenya, du 29 au 30 août, ont déclaré que la restauration viable à long terme des paysages dégradés en Afrique exige une gestion et un contrôle efficaces des espèces exotiques envahissantes.

Nous devons essayer de relier la science aux connaissances autochtones existantes.

Fassil Teffera, Université d’Arba Minch

Prosopis et Lantana, deux arbustes ligneux qui ont envahi les terres de pâturage et agricoles du Kenya. Crédit image: Panos

Prosopis et Lantana, deux arbustes ligneux qui ont envahi les terres de pâturage et agricoles du Kenya. Crédit image: Panos

Selon les experts, les espèces exotiques envahissantes détruisent la biodiversité, contribuant ainsi à la dégradation des terres.

Robert Nasi, directeur général du Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), basé en Indonésie, a déclaré que l’Afrique perd environ 2,8 millions d’hectares de forêts chaque année, en raison de la déforestation et de la dégradation des terres résultant de la croissance démographique rapide et de la demande alimentaire et du changement climatique.

À moins que des mesures urgentes ne soient prises, la dégradation des terres s’aggravera, a-t-il ajouté. « Chaque année, nous devons restaurer au moins 12 millions d’hectares dans le monde pour atteindre la neutralité de la dégradation des terres », a -t-il précisé.

Le forum, organisé par le CIFOR, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement et la Banque mondiale, a rassemblé plus de 800 experts de pays tels que l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda, pour discuter de la restauration des forêts et paysages en Afrique et partager des conssaissances sur le sujet.

Les experts, parmi lesquels des chercheurs et des décideurs, s’inquiètent du fait que le contrôle des espèces exotiques envahissantes n’est pas suffisamment pris en compte pour restaurer les terres dégradées en Afrique.

Selon Yussuf Adan, responsable du programme des espèces du Fonds mondial pour la nature au Kenya, certaines des plantes invasives courantes en Afrique comprennent les Acacias australiens (espèce des Acacias), l’épine de Maurice (Caesalpinia decapetala), les jacinthes d’eau (Eichhornia crassipes) et le mesquite (Prosopis glandulosa), espèce d’arbustes ou d’arbres originaires du Mexique.

Ces espèces poussent vite, empêchent la croissance des cultures et des pâturages et peuvent causer des problèmes de santé, a expliqué Yusuf Adan.

Par exemple, la jacinthe d’eau qui a envahi le lac Victoria en Afrique de l’Est, constitue un terrain propice à la prolifération des moustiques qui propagent le paludisme dans la région.

En outre, des espèces telles que le mesquite, que l’on retrouve en Éthiopie, tuent les plantes médicinales utilisées par les groupes autochtones pour se soigner.

Arne Witt, coordinateur des espèces envahissantes au Centre pour les biosciences agricoles internationales, basé au Royaume-Uni (CABI, organisation mère de SciDev.Net), a déclaré que la dégradation des sols empirerait si les scientifiques et les acteurs du développement tels que les gouvernements n’innovaient pas pour lutter contre les espèces envahissantes en Afrique.

Arne Witt a ajouté que l’invasion des terres par des espèces envahissantes rend le processus de régénération extrêmement coûteux, indiquant que l’utilisation de certaines espèces envahissantes comme plantes ornementales est toxique pour le bétail.

Environ 71% des pâturages pourraient être perdus en Afrique australe, si les espèces exotiques envahissantes ne sont pas gérées, a ajouté Arne Witt.

Pour sa part, Fassil Teffera, professeur adjoint d’écologie aquatique à l’Université d’Arba Minch, en Éthiopie, a déclaré que les scientifiques devraient reconnaître la contribution des connaissances autochtones à la gestion des espèces envahissantes.

« Nous devons essayer de relier la science aux connaissances autochtones qui existent », a-t-il déclaré à SciDev.Net, ajoutant que les petits exploitants éthiopiens ont identifié des plantes indigènes pouvant être utilisées pour contrôler les espèces de plantes envahissantes.

 Cet article a été originalement publié dans SciDev.Net. Lire l’original de l’article.

Click here to read the original article.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×

Soumettre un article

Avez-vous des nouvelles à partager avec InfoCongo? Contribuer à cette carte en soumettant vos articles. Aider le monde d’entier a mieux comprendre l'impact de cette région importante en matière de l’environnement.

Trouver l'emplacement sur la carte

Trouver l'emplacement sur la carte

×

Find the location

Find

Result:

Latitude:
Longitude:

Finish geocoding