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Les forêts de la partie australe du Congo Brazzaville, environ 4 millions d’hectares, sont frappées de plein fouet par des pratiques illégales d’exploitation de bois, du fait des opérateurs industriels ou artisanaux, formels ou informels véreux. Quand les exploitants formels profitent de tricher en profitant des faiblesses administratives, les informels, quant à eux, foulent largement aux pieds les règles primaires définies dans le code forestier, excepté une très infime minorité. Ces forêts de la partie Sud du Congo ont subi une exploitation accélérée depuis l’époque coloniale. Ce sont plutôt des forêts galeries situées sur des montages ou des vallées que de grandes étendues de canopées, excepté les massifs du Chaillu (Niari et Lekoumou) et du Mayombe.

Les forêts de la partie australe du Congo Brazzaville, environ 4 millions d’hectares, sont frappées de plein fouet par des pratiques illégales d’exploitation de bois, du fait des opérateurs industriels ou artisanaux, formels ou informels véreux.

Les forêts de la partie australe du Congo Brazzaville, environ 4 millions d’hectares, sont frappées de plein fouet par des pratiques illégales d’exploitation de bois, du fait des opérateurs industriels ou artisanaux, formels ou informels véreux.

Armel Tsiba Ngolo, Ingénieur forestier chargé de base de données au projet OI-APV-FLEGT, décrit les différents exploitants opérant dans cette partie du Congo: « On y trouve des entreprises forestières à capitaux étrangers et nationaux, des coupeurs scieurs (artisanaux) et des industriels. Les premiers coupent sur permis spéciaux de bois d’œuvre dont la quantité de bois à prélever est limitée entre 3 et 5 pieds dans une parcelle, selon le type de PS, et le second sur la base d’une convention, soit de transformation industrielle (CTI), soit d’aménagement et de transformation (CAT). Les deux dernières sont des contrats de concession sur de grandes surfaces de forêts communément appelées dans le jargon forestier UFE (Unité Forestière d’Exploitation) et UFA (Unité Forestière d’Aménagement) ». Regards dans l’antre des exploitants Sur une piste de brousse dans le district de Mabombo, nous suivons deux guides pour visiter un chantier de coupe et de sciage artisanal. A l’approche du campement des scieurs, un cri et des interrogations fusent de loin : « Qui est cet homme qui est avec vous ? Nous n’avons pas besoin d’’etranger ici et nous ne souhaitons pas de visiteurs dans notre site». C’est le chef de chantier. Rassuré par nos « fixeurs », il accepte qu’on accède à cette base vie sommaire faite d’une tente en polyester soutenue par des piquets de bois, d’une claie pour conserver leurs provisions sous un feu autour duquel ils se réchauffaient après la pluie, tout en fumant des cigarettes et du chanvre indien, ou encore buvant du café en attendant d’être approvisionnés en carburant. Nike Air Max 2017 Dames wit

Les planches sciées et prêtes pour l’embarquement vers les marchés des villes de Madingou, Nkayi, Dolisie, Bouansa, Loutété ou Sibiti.

Les planches sciées et prêtes pour l’embarquement vers les marchés des villes de Madingou, Nkayi, Dolisie, Bouansa, Loutété ou Sibiti.

Pendant ce temps, d’autres transportaient sur la tête, de la forêt à une clairière, les planches sciées et prêtes pour l’embarquement vers les marchés des villes de Madingou, Nkayi, Dolisie, Bouansa, Loutété ou Sibiti. « Nous n’aimons pas les visiteurs ici. Parce que nous ne sommes pas en règle. Et notre patron nous l’a fermement interdit. C’est un officier de la police basé à Nkayi, on a l’obligation de respecter ses consignes. Quand la planche sortira en ville, il sera lui-même à bord du véhicule pour ne pas que la marchandise soit saisie », nous confie ce chef de chantier. Ces forêts congolaises exposées à ces pratiques dans les régions de la Bouenza, du Niari, du Kouilou, du Pool et de la Lekoumou sont exploitées de façon industrielle ou artisanale. Des lois sur l’exploitation (la concession, l’abattage, la gestion et l’aménagement) forestière existent. Nike Air Max 2016 Goedkoop Mais, en dehors de quelques exploitants formels qui remplissent et respectent les cahiers des charges, les autres opèrent dans le Sud de façon illégale et clandestine. Ce qui les met en conflit permanent avec les pouvoirs publics ou les communautés villageoises et expose les ressources forestières à une exploitation non maitrisée, exagérée et dégradante pour les écosystèmes.
Dans le sud de la République du Congo, en dehors de quelques exploitants formels qui remplissent et respectent les cahiers des charges, les autres opèrent dans le Sud de façon illégale et clandestine.

Dans le sud de la République du Congo, en dehors de quelques exploitants formels qui remplissent et respectent les cahiers des charges, les autres opèrent dans le Sud de façon illégale et clandestine.

Les pratiques illégales constatées L’illégalité porte sur des faits remarqués sur toute la chaine de valeur du bois, de la collecte, à la transformation, au transport et à la commercialisation. Les actes de violation de la loi sont varient selon les chantiers mais restent similaires que l’on soit dans les forêts de Moudoko à Madingou ou de Boko Songho dans la Bouenza, de Kinkosso et Kimandou dans le district de Sibiti, de Louboulou 1 et 2, de Moussounda Ntseké à Mabombo, de Yomi à Zanaga, de Mvouti, Kakamoeka ou Hinda dans le Kouilou et de Mayama ou Kindamba dans le Pool. A Kinkosso, par exemple, une entreprise, BTC en l’occurrence, disposant d’un permis, a été contrainte de quitter les forêts de Bawandzi et de Matalala par les chefs du village et le député du coin pour l’abandon de billes qui finissaient par pourrir sans être sciées ni commercialisées. Un gâchis pour les populations qui y voyaient une perte de leurs richesses forestières. Dans les sites d’exploitation, très fermés aux « étrangers » et encore plus aux journalistes, les infractions sont nombreuses. Certains exploitants industriels ou artisanaux ne respectent pas le nombre de pieds autorisés à prélever (coupe en sus), le diamètre minimal d’exploitation (DME) ou coupe sous-diamètre, ils entrent en forêt sans aucun agrément ou document préalable de martelage. Parfois, beaucoup d’artisanaux travaillent avec le même agrément à tour de rôles. D’autres travaillent de nuit pour éviter que les ronronnements des tronçonneuses attirent les contrôleurs. D’autres encore transportent le bois à des heures indues pour contourner la surveillance des services des eaux et forêts. Nike Air Max Thea Dames beige

Certains exploitants industriels ou artisanaux ne respectent pas le nombre de pieds autorisés à prélever (coupe en sus), le diamètre minimal d’exploitation (DME) ou coupe sous-diamètre,

Certains exploitants industriels ou artisanaux ne respectent pas le nombre de pieds autorisés à prélever (coupe en sus), le diamètre minimal d’exploitation (DME) ou coupe sous-diamètre,

A cela il faut ajouter le bois coupé hors limites de l’assiette annuelle de coupe (hors convention) ou la coupe d’autres essences non déclarées. La réglementation a prévu des permis spéciaux pour prélever des essences pour une durée d’un mois et ce bois ne peut être vendu que dans les limites d’un espace géographique bien défini. Cependant, dans la pratique, les permis ne sont point renouvelés à temps et le bois est régulièrement vendu hors des zones autorisées. Ainsi, en cas de flagrance de ces infractions et de saisie de bois, ces indélicats préfèrent payer les amendes car celles-ci n’impactent pas largement leurs marges bénéficiaires ou bien ils font intervenir des « gros bonnets » pour qu’on libère leurs marchandises. « L’Etat est le premier responsable de ces pratiques illégales, parce qu’il présente de nombreuses faiblesses qui affaiblissent son rôle de régulateur et de contrôleur des activités forestières: des fonctionnaires corrompus et complices, la lourdeur des démarches administratives, l’absence des moyens mobiles de surveillance par les agents des eaux et forêts, sans oublier les injonctions des hauts cadres du Ministère concerné, de l’armée ou de la police, pour libérer les cargaisons de bois illégal saisies par les agents des eaux et forêts » , estime un cadre du Ministère de l’Economie Forestière, du Développement Durable et de l’Environnement. « Le problème de l’exploitation illégale des forêts n’a reçu du gouvernement congolais qu’une piètre réponse. Très peu des politiques et règlements nécessaires pour veiller à une bonne gouvernance forestière sont actuellement appliqués », écrit Sam Lawson dans un rapport de 2014 de Chatam House intitulé L’exploitation illégale des forêts en République du Congo.
L’illégalité porte sur des faits remarqués sur toute la chaine de valeur du bois, de la collecte, à la transformation, au transport et à la commercialisation.

L’illégalité porte sur des faits remarqués sur toute la chaine de valeur du bois, de la collecte, à la transformation, au transport et à la commercialisation.

De nombreuses causes et pas assez d’entrées dans les caisses de l’Etat L’accès à la forêt pour un exploitant au Congo est encadré par un certain nombre d’exigences prévues par la loi. Cependant, quand celui-ci (coupeur, scieur ou industriel) ne respecte pas les exigences de cette loi en matière documentaire (procédures d’obtention de certains documents préalables à l’activité) et n’obéit pas aux règles d’exploitation de bois, on peut dire que son activité est entachée d’illégalité. Les causes en sont nombreuses. On peut citer, entre autres : le manque d’information et de sensibilisation des usagers de la forêt, la cherté de l’agrément pour les artisanaux ( 260. 000 Francs CFA par an sans compter les frais du permis spécial mensuel , les taxes de coupe par pied ( 25.000 Francs CFA) , les faiblesses de l’administration forestière, la corruption et la concussion, l’implication des officiers de l’armée et de la police dans cette activité, la volonté des exploitants à ne pas respecter la règlementation pour plus de gains et la non association des communautés locales au suivi et contrôle des activités des exploitants. Fussent-ils artisanaux ou industriels.
Le bois issu de l’exploitation artisanale représente une recette annuelle moyenne d’environ 10 520 950 FCFA (16 038 euros).

Le bois issu de l’exploitation artisanale représente une recette annuelle moyenne d’environ 10 520 950 FCFA (16 038 euros).

Jean Pambou, exploitant artisanal dans les forêts de Mabombo dans la Bouenza, estime qu’il y a trop de taxes à payer et l’obtention de certaines autorisations est sujette à une longue procédure administrative. « Savez-vous que nous devons obtenir l’agrément à Brazzaville ? Pourquoi ne pas décentraliser la signature de ce papier pour ne pas exposer les usagers de la forêt à la tentation de la fraude. Si certains s’acquittent de différentes taxes, d’autres ne le font pas», renchérit-il. Par ailleurs, il faut aussi noter les problèmes de gouvernance, le favoritisme et le laxisme des agents de l’Etat vis-à-vis de ces exploitants forestiers, en général, de la partie sud en particulier. Le bois issu de l’exploitation artisanale représente une recette annuelle moyenne d’environ 10 520 950 FCFA (16 038 euros). Ce qui est insuffisant au regard de milliers de cubages de bois qui sortent de ces forêts. Selon les essences, en une ou deux semaines, un chantier artisanal peut produire de 15 à 25 mètres cubes de planche. Boise State Broncos Des profils variés et des exemples notoires d’illégalité Les exploitants informels dans les forêts du Sud du Congo ont des profils diversifiés. nike air max 1 ultra moire homme On compte parmi eux des officiers de l’armée ou de la police, des grands commerçants, des transporteurs, des grands commis de l’Etat (Hauts Fonctionnaires) et des exploitants connus comme tels. Les officiers et certaines personnes investies du pouvoir d’Etat opèrent au travers des hommes liges. Sur le terrain, ce sont des ouvriers venant des villes qui y travaillent dans les conditions souvent pénibles : portage des planches sur la tête, campements de fortune, alimentation non variée et parfois drogue et alcool. Bertrand, chaudronnier de métier et chef de chantier dans un site dans le district de Sibiti vers le village Kimandou s’explique : « tous les jeunes que vous voyez viennent des villes alentour. A cause du chômage, on est obligé d’accepter ces boulots pour au moins subvenir aux besoins de nos familles. On n’a pas le choix ». Dans le Pool, par exemple, un seigneur de guerre, le Pasteur Ntumi, a écumé les forêts de cette région, notamment dans le district de Mayama sans être inquiété. Ce qui pousse certains acteurs de la société civile à dire qu’il le faisait avec la bénédiction des pouvoirs publics. Landon Collins Pendant de nombreuses années (plus de 10), il a alimenté le marché de Brazzaville en bois d’œuvre. L’Etat, pour des travaux de construction (bâtiments, ponts et chaussées) a parfois été client de ce sulfureux homme d’affaires qui coupait et sciait le bois sans permis ni agrément jusqu’au 04 avril 2016, date à laquelle l’armée a été lancée à ses trousses pour des raisons autres et purement politiques (il est accusé de terrorisme). N’eut été cette affaire, il continuerait à couper et scier impunément du bois dans le Pool. nike air max 2015 hombre
Dans le Pool, par exemple, un seigneur de guerre, le Pasteur Ntumi, a écumé les forêts de cette région, notamment dans le district de Mayama sans être inquiété.

Dans le Pool, par exemple, un seigneur de guerre, le Pasteur Ntumi, a écumé les forêts de cette région, notamment dans le district de Mayama sans être inquiété.

Dans le massif du Chaillu (Niari et Lekoumou), des exploitants asiatiques (capitaux étrangers), bien que détenteurs de concessions, sont eux-mêmes maitres dans les zones qui leur sont allouées : pas de traçabilité ni d’aménagement forestier. Aussi, des grumes sans parfois abandonnés dans les forêts, des essences interdites sont exploitées, la main d’œuvre sous payée et les salariés vivant dans de bases-vie ressemblant à de bidonvilles. Il y a aussi des nationaux qui opèrent de la même manière. A l’instar de la société Movis à Madingou. Pour Alfred Nkodia, Coordonnateur de l’Observation Indépendante (OI–FLEGT)., « les choses avancent. Il y a une meilleure application de la loi qu’il y a 10 ans. Mais il persiste des pratiques non conformes à la loi. L’administration et les entrepreneurs ont chacun leur part de responsabilité ». Quelles conséquences pour la forêt et les communautés rurales L’exploitation illégale ne représente pas seulement un danger pour la forêt mais aussi pour l’économie nationale. Elle signifie perte de durabilité génétique de certaines espèces d’arbres, parfois déséquilibre écologique et disparition de certaines pratiques culturelles. Généralement ce sont les essences régulièrement exploitées et commercialisées qui sont exposées à ce fléau, notamment les essences comme le Kambala, Limba, l’Okoumé, le Bilinga, le Tchitola, le Bossé, le Safoukala, le Pao Rose
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Le massif du Chaillu est un massif montagneux situé dans le Sud du Gabon, à la frontière avec la République du Congo

Ces inquiétudes sont exprimées aussi dans les communautés rurales. Prosper Ngo, secrétaire général du village Kinkosso s’en plaint : « nos jeunes du village ne sont pas utilisés par ces exploitants qui s’enrichissent grâce à nos ressources forestières. On n’est vraiment pas associés par l’administration forestière à faire le contrôle et on ne peut pas savoir s’ils sont dans la légalité ou non. nike tn rose femme On vide nos forêts de leurs grands arbres, on ne sait pas ce qui adviendra pour celles-ci et surtout les impacts pour l’agriculture ». Marlon Humphrey Jersey Le Congo dispose d’un cadre juridique et des mécanismes de surveillance des forêts. Il ressort qu’il n’y a pas de volonté appuyée pour réduire suffisamment l’exploitation illégale des forêts du Sud. Comme l’atteste cette responsabilité de l’Etat exprimée par Chatham House dans son rapport 2014 : « Une législation anti-corruption est bien en place au Congo, qui prévoit des sanctions potentiellement sérieuses. À ce jour, cependant, aucun responsable forestier n’a été poursuivi en justice et l’on ne sait pas si certains ont même fait l’objet d’enquêtes […] En ce qui concerne l’activité liée à la gouvernance forestière dans le cadre de REDD+, un programme ONU-REDD pour le Congo a été approuvé à la fin de 2012. Il prévoit, entre autres, la mise en place de systèmes de suivi des « garanties », notamment le suivi de la gouvernance forestière, mais peu de progrès ont été réalisés à cet égard jusqu’à présent. À partir de toutes les informations rassemblées par Chatham House, il est possible de classer la récolte du bois au Congo en plusieurs grandes catégories en termes de légalité. Nike Air Max 2016 Goedkoop Cela suggère qu’environ 70-75 % de toutes les récoltes au Congo sont illégales d’une manière ou d’une autre. Bien que la majorité des récoltes illégales, et de toutes les exportations, soit sous licence légale, le bois est récolté par des compagnies forestières qui ne possèdent pas les plans de gestion forestière requis et qui sont en défaut de paiement des taxes.

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