Une enquête de Greenpeace Africa sur les activités d’exploitation illégale de bois au Cameroun a découvert une filière de bois volé menant à la principale société exportatrice de bois du pays, il s’agit de la Compagnie de Commerce et de Transport (CCT). Ladite enquête  avait provoqué une enquête un audit du gouvernement dans les activités de CCT et de ses fournisseurs. Cet audit avait inclus La Socamba, l’un de ses fournisseursde CCT, qui fut le sujet d’une séance d’information de Greenpeace publiée le jeudi 26 mai 2016.

En Septembre 2015, Greenpeace avait rendu public trois cas d’exploitation forestière illégale en possession de permis fournissant CCT: les permis d'exploitation utilisés par South Forestry Company (SFC), FEEMAM et SOFOCAM.

En Septembre 2015, Greenpeace avait rendu public trois cas d’exploitation forestière illégale en possession de permis fournissant CCT: les permis d’exploitation utilisés par South Forestry Company (SFC), FEEMAM et SOFOCAM.

L’exploitation non durable et illégale dans ces forêts a comme conséquence la déforestation, la destruction de l’écosystème et la diminution de la résilience au changement climatique.

Les données présentées durant le briefing sur La Socamba montrent de quelle manière le bois volé du Cameroun atteint les marchés internationaux et comment CCT, qui fournit des sociétés forestières dans le monde entier, y compris en Chine et en Europe, se fournit en bois auprès de La Socamba, une entreprise engagée dans des pratiques illégales et destructrices, en plus d’exploiter plusieurs kilomètres en dehors de l’espace lui attitré dans sa licence d’exploitation forestière. Ce nouveau cas vient compléter la preuve déjà présentée par Greenpeace dans ses rapports sur les fournisseurs de CCT.

Le 25 mai, en réponse à Greenpeace d’offrir un droit de réponse, CCT avait admis que le ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) du Cameroun avait ordonné un audit de ces activités et de ses fournisseurs afin de déterminer lesquels avaient été impliqués dans les activités illégales, et de retracer le bois issu de son exploitation.

« Greenpeace Afrique prend note de la vérification des pratiques de CCT – mais souligne que ce processus devrait être indépendant et transparent et que les fournisseurs de CCT soient correctement sanctionnés dans la mesure où les activités illégales sont confirmées », a déclaré Eric Ini, Chargé de campagne Forêt de Greenpeace Afrique.

En Septembre 2015, Greenpeace avait rendu public trois cas d’exploitation forestière illégale en possession de permis fournissant CCT: les permis d’exploitation utilisés par South Forestry Company (SFC), FEEMAM et SOFOCAM. Le ministre des Forêts, Ngole Philip Ngwese, a proclamé l’innocence des sociétés exposées par Greenpeace pour leur implication dans l’exploitation forestière illégale.

A lire également: un récit cartographié, avec des photographies relatant le parcours du bois illegalement abattu par la Socamba peut être consulté ici.

Pourtant, l’une des entreprises enquêtées par Greenpeace, SFC, a été condamnée deux fois à une amende par les autorités pour exactement le même genre de pratiques exposées ci-haut, et CCT et maintenant ses fournisseurs font apparemment l’objet d’une enquête par le MINFOF. En outre, les autorités néerlandaises avaient sanctionnés l’importateur néerlandais de bois fourni par CCT sur base des éléments de preuve fournis par Greenpeace.

Les forêts du Cameroun renferment les moyens d'existence de milliers de personnes et sont parmi les forêts ayant une forte diversité d’un point de vue biologique de la région.

Les forêts du Cameroun renferment les moyens d’existence de milliers de personnes et sont parmi les forêts ayant une forte diversité d’un point de vue biologique de la région.

« Si le Cameroun tient sérieusement à l’élimination du commerce illicite du bois, il doit travailler en étroite collaboration avec l’UE pour la mise en œuvre de l’Accord de partenariat Volontaire de manière crédible et, comme première priorité, de rétablir un système de suivi crédible et indépendant de suivi du renforcement de la législation forestière, de la gouvernance et du commerce au Cameroun », a conclu Ini.

Outre la Belgique et les Pays-Bas, le gouvernement britannique classe  également le bois du Cameroun parmi ceux à «haut risque» et a récemment enquêté sur les opérateurs britanniques faisant du commerce de bois au Cameroun. Ces actions du gouvernement du Royaume-Uni et la sanction des autorités néerlandaises sont les premiers pas positifs. Cependant, tous les pays de l’UE doivent traiter le bois du Cameroun à risque élevé, et exiger des normes de diligence strictes des entreprises qui importent jusqu’à ce que le gouvernement du Cameroun puisse prouver au-delà des doutes raisonnables qu’il fait effectivement respecter les lois et réglementations forestières du pays.

Tout en menant des recherches pour le briefing de La Socamba, Greenpeace a entrepris des enquêtes sur le terrain en octobre 2014 et janvier 2016 pour répertorier les zones où des permis pour la coupe à blanc de bois, connu sous le nom « ventes de coupe », ont été émis à des fournisseurs de CCT. Des témoignages de la population locale et des autorités locales, ainsi que des ex-employés, y ont été recueillis. Greenpeace a également découvert le bois portant le numéro de permis VC 09 01 203 – délivré à La Socamba- jeté à 8 km à l’extérieur du titre d’exploitation.

Les forêts du Cameroun renferment les moyens d’existence de milliers de personnes et sont parmi les forêts ayant une forte diversité d’un point de vue biologique de la région, fournissant un habitat précieux pour les espèces telles que les gorilles des plaines de l’Ouest en voie de disparition, les chimpanzés et les éléphants de forêt. L’exploitation forestière non durable et illégale dans ces forêts conduit à la déforestation, la destruction de l’écosystème et de la résilience diminuée au changement climatique.

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