De quoi l’Afrique centrale a besoin pour faire face au changement climatique ? Le financement de l’adaptation

La 16ème Réunion des partenaires des forêts du Bassin du Congo (PFBC) s’est ouverte le 21 novembre à Kigali, au Rwanda et la question du financement était au centre des discussions sur le changement climatique. C’est une chanson que l’on connait. Pas plus tard qu’il y a quelques jours, ce refrain résonnait encore à Marrakech, […]

La 16ème Réunion des partenaires des forêts du Bassin du Congo (PFBC) s’est ouverte le 21 novembre à Kigali, au Rwanda et la question du financement était au centre des discussions sur le changement climatique. C’est une chanson que l’on connait. Pas plus tard qu’il y a quelques jours, ce refrain résonnait encore à Marrakech, lors de la tenue de la COP22 du 7 au 18 novembre 2016, sans aucune décision majeure prise pour autant à son issue.

Les agriculteurs emploient des terrasses à s'adapter à l’érosion du aux changements climatiques, dans le district de Nyabihu, au Rwanda. Photo/Fond d’Adaptation

Les agriculteurs emploient des terrasses à s’adapter à l’érosion du aux changements climatiques, dans le district de Nyabihu, au Rwanda. Photo/Fond d’Adaptation

Sans le financement des pays développés, les pays du Bassin du Congo ne peuvent prétendre à lutter efficacement contre le changement climatique et, par là, remplir les promesses de leurs ambitieuses CNDP. Pour autant dire, le groupe des négociateurs africains à la CCNUCC avaient comme priorité officielle dans la lutte contre le changement climatique, l’adaptation. Qu’à cela ne tienne, financer l’adaptation dans les pays d’Afrique demeure très critique vu le caractère changeant et improbablement rentable de cette question.

 L’adaptation, un secteur à haut risque d’investissement

Pour autant, les actions d’adaptation a beaucoup d’a priori. Il faut non seulement qu’elle ait une base institutionnelle de la part des gouvernements, mais aussi s’appuyer sur le secteur privé, que l’on ne doit plus ignorer et intégrer comme acteurs dans la lutte contre le changement climatique.

 » Les mesures d’atténuation ont un modèle de business clair et rentable qui attirent les investissements du secteur privé. Ce qui n’est pas le cas avec l’adaptation qui est vaste, floue et mélangée entre climat et développement qui sont inséparables. Et ces actions quant au changement dans la vulnérabilité des populations ou de l’écosystème sont difficilement démontrées », dit le professeur Fobissi, Consultant à la COMIFAC et consultant dans l’élaboration des CPDN des pays d’Afrique Centrale intervenant à cette session.

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Le secteur privé est peu intéressé à investir dans les actions d’adaptation

Jusque-là, le financement des actions d’adaptation ne semble pas intéresser le secteur privé et, vu la rentabilité improbable de ce secteur, il présente un risque élevé d’investissement.  » Il est difficile de faire un suivi des actions d’adaptation comme on le voit dans la REDD+, avec le système MRV. Ce qui complique sa mise oeuvre et explique son faible vers les investissements du secteur privé », explique le professeur Fobissi.

Vu le caractère dynamique et changeant en fonction des contextes aussi bien écologique, politique et socioéconomique, il est difficile d’élaborer un business modèle pour l’adaptation, tous les scénarios envisagés à ce jour montre des limites d’intérêt d’investissement pour le secteur privé même si à Paris, les parties sont arrivés à avoir un financement équitable à 50/50 entre les actions d’adaptation et d’atténuation. Une victoire que les pays africains attendent encore d’en savourer les fruits.

De l’optimisme des CPDN des pays d’Afrique Centrale

L’adaptation, sans nul doute, fait l’unanimité dans les pays de l’Afrique Centrale. Dans une étude préliminaire des CPDN des pays d’Afrique, il ressort que ces derniers mentionnent en majorité les actions d’adaptation par rapport à l’atténuation au changement climatique.

Les agriculteurs emploient des terrasses à s'adapter à l’érosion du aux changements climatiques, dans le district de Nyabihu, au Rwanda. Photo/Fond d’Adaptation

Les agriculteurs emploient des terrasses à s’adapter à l’érosion du aux changements climatiques, dans le district de Nyabihu, au Rwanda. Photo/Fond d’Adaptation

Pour ce, les secteurs concernés sont : la forêt, les ressources en eau, la restauration et conservation des zones humides, l’afforestation et déforestation et la bio-énergie et la gestion agricole.

Bien qu’insistant sur son caractère préliminaire, cette analyse pousse à se poser la question suivante : A quand la mise en oeuvre des actions d’adaptation structurées? Une réponse assez difficile car conditionnée par le financement découlant les accords internationaux. Et cette dernière, elle-même, est dépendante des garanties de sa faisabilité et des résultats en termes d’inversion des chutes de la hausse de la température terrestre.

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Discussion en plénière sur le financement de l’adaptation en Afrique Centrale

Sauf que, ces pays, dont le contexte exigent les actions d’adaptation plutôt que d’atténuation, manquent des données précises et essentielles pour mesurer leurs impacts dans l’inversion de la tendance montante du changement climatique. Même les données de base telles que le niveau d’émission de gaz à effet de ces pays sont imprécises, de même que les informations permettant d’élaborer des plans aussi bien nationaux que sous-régionaux.

A ce jour, seuls le Cameroun et la RDC ont validé leurs plans nationaux d’adaptation parmi tous les pays d’Afrique Centrale, mais leur mise en oeuvre dépend absolument des financements encore improbables.

Dans le cadre de la CCNUCC, des réponses diverses (Information climatique, agriculture résiliente, mise en place d’observatoire, etc,…) se mettent en place au niveau nationale en Afrique Centrale avec un manque de coordination effective soutenue entre pays pour tirer des leçons et mutualiser les forces vers des réponses coordonnées au niveau sous-régionale.

Les approches de politiques d’adaptation existent néanmoins et sont multiples dans la région, dont la REDD+. Mais cette dernière est confrontée à d’énormes défis en matière d’adaptation car ces résultats se calculent en fonction des stocks de carbone capturé, donc en termes de capacité d’atténuation. Sa place est donc à définir quand on sait que les pays d’Afrique Centrale sont très engagés dans ce processus, tout en reconnaissent l’importance de l’adaptation pour rendre leurs populations plus résilientes aux perturbations climatiques. Reste à trouver des fonds nécessaire à leur implémentation.

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